La loi de finances promulguée en décembre dernier va, une nouvelle fois, alourdir l'impôt sur le revenu de millions de contribuables en 2014. Dans le viseur des pouvoirs publics cette année les familles aisées, les travailleurs salariés et les retraités. Certains avantages dont ils profitaient jusqu'en 2013 sont supprimés ou réduits cette année. Les plus modestes, en revanche, devraient voir leur impôts diminuer, grâce au dégel du barème et à la revalorisation de la décote. De même, ceux qui ont empoché des plus-values boursières en 2013 ou qui réalisent une plus-value immobilière cette année verront la pression fiscale baisser, la fiscalité de ces gains étant réformée.

Le dossier de presse du projet de loi de finances 2014 >>

Barème de l'impôt, les tranches sont revalorisées de 0,8%

Après deux années de gel, les tranches du barème de l'impôt sont de nouveau indexées sur l'inflation pour l'imposition des revenus de 2013. Elles sont revalorisées de 0,8 %, de même que certains seuils et limites applicables en matière d'impôt sur le revenu. Cette revalorisation ne compensera hélas pas les hausses d'impôts subies sur vos revenus de 2011 et de 2012.

Calcul de l'impôt, la décote est revalorisée de 6%

Afin d'alléger la facture fiscale des contribuables les plus modestes, et de permettre aux plus démunis de redevenir non imposables, la décote est revalorisée de 5 %, en plus de son indexation sur l'inflation. Son montant est porté à 508 € pour l'imposition des revenus 2013. En bénéficieront les contribuables dont l'impôt ne dépasse pas 1 016 €.

Quotient familial, le plafond est réduit à 1 500 €

L'économie d'impôt maximale liée aux demi-parts pour enfants à charge est  réduite à 1 500 € cette année. Les familles ayant des enfants et un revenu imposable au moins égal à 58 033 € vont en conséquence subir une hausse d'impôt. Cette hausse sera de 500 € maximum par enfant pour les deux premiers, et du double par enfant supplémentaire.

Salaires, les mutuelles deviennent imposables

Les salariés du secteur privé doivent désormais intégrer dans leur salaire imposable la part des cotisations versées à leur mutuelle d'entreprise qui est prise en charge par leur employeur. 13 millions de salariés sont concernés ; ils paieront de 90 à 150 € d'impôts en plus en 2014 du fait de cette mesure.

Salaires, les heures sup sont imposables "à plein"

La suppression de l'exonération d'impôt attachée à la rémunération des heures supplémentaires va s'appliquer à toutes celles faites en 2013. Pour les 9 millions de salariés concernés, il en résultera une augmentation d'impôt cette année supérieure à celle qu'ils ont déjà subie en 2013.

Retraites, certaines majorations sont fiscalisées

Les majorations des pensions de retraite de base et complémentaire des régimes légalement obligatoires versées aux retraités ayant eu au moins 3 enfants doivent être déclarées au fisc cette année, comme les pensions elles-mêmes. L'exonération d'impôt qui leur était attachée est supprimée.

Placements, le prélèvement libératoire est supprimé

La suppression du prélèvement libératoire sur les revenus de placement et leur soumission obligatoire au barème de l'impôt vont alourdir la note pour les contribuables fortement imposés. Par ailleurs, les revenus exonérés d'impôt attachés à certains contrats d'assurance vie vont subir une hausse des prélèvements sociaux. D'autres mesures pénalisantes sont attendues en 2014...

Plus-values mobilières, la fiscalité est réformée

Vos plus-values mobilières réalisées en 2013 vont être soumises au barème de l'impôt cette année, sous déduction d'un abattement lié à la durée de détention des titres cédés. Cet abattement est égal à 50 % entre 2 et 8 ans , à 65 % ou 85 % au-delà. Vos plus-values vont aussi subir 15,5 % de prélèvement sociaux, sans abattement.

Plus-values immobilières, la fiscalité est allégée

Le délai de détention requis pour être exonéré d'impôt sur votre plus-value est réduit à 22 ans . De plus, un abattement exceptionnel de 25 % vous est accordé si vous vendez d'ici août 2014. En revanche, le délai pour bénéficier d'une exonération de prélèvements sociaux reste fixé à 30 ans. Par ailleurs, le durcissement de la fiscalité en cas de vente d'un terrain à bâtir a été censuré par le Conseil constitutionnel.

Réductions d'impôt, les avantages diminuent encore

La réduction d'impôt pour frais de scolarité n'est finalement pas supprimée pour le calcul des impôts 2014. Le plafonnement global des niches fiscales, en revanche, est réduit à 10 000 € pour tous. D'autres mesures prendront effet cette année, notamment la réforme du crédit d'impôt accordé à ceux qui font réaliser des travaux d'économie d'énergie dans leur logement.