Impôts 2024 : faut-il rattacher votre enfant majeur à votre foyer ?

Un enfant âgé de 18 ans au 1er janvier 2024 forme son propre foyer fiscal et doit remplir sa propre déclaration cette année. S'il a moins de 21 ans, ou moins de 25 ans et poursuit ses études, il peut toutefois demander son rattachement au foyer fiscal de ses parents.


L’imposition séparée de l’enfant majeur

Un enfant majeur est imposable personnellement et il doit remplir sa propre déclaration. Il forme son propre foyer fiscal et il bénéficie de l’ensemble des règles qui gouvernent l’imposition des revenus.

Ses parents n’ont pas à déclarer ses revenus. Ils ne doivent plus l'inscrire sur leur déclaration de revenus. Ils perdent du même coup la majoration de quotient à laquelle il donnait droit lorsqu'il était mineur : une demi-part ou une part selon sa place dans la fratrie, voire une part et demie si l'enfant est infirme.

Si les parents forment deux foyers fiscaux, celui des deux qui vit seul et qui n’a plus de personnes à charge peut bénéficier d’une majoration de quotient d’une demi-part, s’il a eu la charge d’un enfant pendant au moins cinq ans en tant que parent isolé.

Le rattachement de l’enfant majeur

L'enfant majeur peut demander son rattachement au foyer de ses parents s'il a moins de 21 ans, ou moins de 25 ans et est étudiant. Il doit établir une demande de rattachement conforme à celle de la notice jointe à la déclaration. Ses parents doivent l'inscrire page 2 de leur propre déclaration de revenus.

Le rattachement oblige les parents à ajouter à leurs revenus ceux perçus par l’enfant. En contrepartie, ils bénéficient d'une majoration du nombre de parts de quotient familial, identique à celle obtenue pour un enfant mineur à charge.

Un enfant majeur de parents divorcés ne peut être rattaché qu'au foyer d'un de ses parents. Il doit choisir celui de ses parents auquel il souhaite être rattaché. Ce choix peut être différent chaque année. Pour l'autre parent, il est possible de déduire une pension alimentaire complémentaire à celle versée dans le cadre du divorce

L'imputation des réductions d'impôt

En cas d'imposition séparée de l'enfant majeur, ses parents perdent le bénéfice des avantages auxquels donnent droit un enfant à charge : réductions d'impôt pour frais de scolarité, majorations des dépenses retenues pour le calcul de certains avantages fiscaux, abattement en matière de taxe d’habitation...

En cas de rattachement de l'enfant majeur au foyer de ses parents, ceux-ci peuvent bénéficier de ces avantages. Ils ont par exemple droit à une majoration de 1 500 € des dépenses retenues pour le calcul du crédit d'impôt pour emploi d'un salarié à domicile.

L'enfant majeur imposé personnellement ne peut pas bénéficier de la réduction d'impôt pour frais de scolarité, cet avantage étant accordé pour les frais de scolarité des enfants à charge.

Le versement d'une pension alimentaire

En cas d'imposition séparée de l'enfant majeur, ses parents peuvent déduire la pension alimentaire qu'il lui verse de leurs revenus, s'il est dans le besoin, à hauteur de 6674 € pour 2023. S'ils sont imposés à 30 % ou plus, l'économie d'impôt liée à cette déduction est supérieure à celle obtenue avec la demi-part de quotient accordée en cas de rattachement (plafonnée à 1759 € en 2023).

En cas de rattachement de l'enfant majeur au foyer de ses parents, ceux-ci ne peuvent pas déduire de leurs revenus la pension alimentaire qu'ils lui versent.

En cas d'imposition séparée des parents, celui qui ne rattache pas l'enfant majeur peut déduire la pension qu’il verse, à hauteur de 6674 € pour 2023. Cette pension est imposable au nom du parent qui rattache l'enfant.