1. Le barème de l’impôt intègre l’inflation
Les tranches du barème progressif sont revalorisées de 0,9 % cette année, pour le calcul des impôts sur vos revenus de 2025. La volonté du Gouvernement de geler le barème à son niveau de l’année dernière a finalement été abandonnée. Grâce à cette indexation, vos impôts n’évolueront pas si vos revenus ont augmenté au même rythme que l’inflation en 2025, et vous allez profiter d’une légère baisse si vos revenus ont stagné. La décote accordée par le fisc aux foyers faiblement imposés est également relevée de 0,9 %, ce qui va permettre à deux cent mille ménages modestes de rester non imposables en 2026, alors qu’ils le seraient devenus avec un barème et une décote gelés.
Pour aller plus loin :
2. Les abattements sur les retraites sont conservés
Bonne nouvelle pour les retraités, l’abattement de 10 % applicable sur les pensions et l’abattement forfaitaire applicable sur les revenus des personnes âgées modestes sont non seulement maintenus mais ils bénéficient en plus d'une revalorisation de 0,9 %. Le Gouvernement souhaitait remplacer le premier par un abattement fixe de 2 000 € par pensionné, ce qui aurait eu pour conséquence d’augmenter les impôts de tous ceux qui perçoivent plus de 20 000 € de pensions par an. L’exécutif voulait aussi réserver le second aux contribuables invalides aux revenus modestes. Il a toutefois fait machine arrière face aux oppositions des parlementaires.
Pour aller plus loin :
3. Les locations meublées sont plus taxées
Les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) doivent s’attendre à payer plus d’impôts sur leurs loyers de 2025 que sur ceux perçus les années précédentes. D’une part, ils vont subir la hausse de la CSG en vigueur depuis le 1er janvier 2026 (voir plus loin). D’autre part, ceux qui font de la location touristique et qui sont soumis au régime d’imposition simplifié « micro-BIC » vont être imposés sur 20 % (loueurs de meublés de tourisme non classés) ou 21 % (loueurs de meublés de tourisme « classés » ou de chambres d’hôtes) de loyers en plus. Entre la hausse de leur base imposable et celle de la CSG, certains paieront jusqu’à 60 % d’impôts en plus en 2026. Seuls les loueurs en meublé qui relèvent du régime réel des BIC, et ceux qui encaissent des loyers de meublés exonérés d’impôts, échapperont à ces hausses.
Pour aller plus loin :
4. Certaines réductions d’impôt sont majorées
La réduction d’impôt « Coluche » de 75 % accordée pour les dons aux associations d’aide aux personnes en difficulté est étendue aux dons faits à celles qui aident les victimes de violences domestiques depuis le 15 février 2025. De même, la réduction de 75 % attachée aux dons faits à la Fondation du patrimoine pour restaurer les édifices religieux est étendue aux dons à toutes les fondations de sauvegarde du patrimoine. Vous aurez aussi droit à une réduction de 75 % si vous avez fait un don avant le 18 mai 2025 en vue de la reconstruction de Mayotte. Par ailleurs, ceux qui investissent dans les entreprises pour réduire leurs impôts profiteront d’une réduction d’impôt en hausse pour certaines souscriptions réalisées en 2025. Les autres bonus fiscaux (crédit d’impôt pour emploi à domicile ou garde d’enfant, réduction d’impôt pour frais d’Ehpad ou investissement locatif en Denormandie, etc.) sont inchangés. Sachez en revanche que les crédits d’impôt pour installation d’équipements ou de bornes de recharge pour véhicules électriques dans le logement sont supprimés en 2026.
Pour aller plus loin :
5. Certaines déductions sont revalorisées
Les frais et les charges que vous pouvez imputer sur vos revenus imposables de 2025 sont aussi indexés de 0,9 %. C’est le cas du plafond de déduction de la pension alimentaire versée à votre enfant majeur dans le besoin (6 855 €), de l’abattement applicable sur vos revenus si vous le rattachez à votre foyer fiscal (6 855 € également), ou encore du plafond de déduction des frais supportés si vous hébergez une personne âgée modeste (4 075 €). Ces revalorisations sont susceptibles de vous procurer des baisses d’impôt légèrement supérieures à celles de 2025, d’autant plus élevées que vous êtes fortement imposés. Le plafond de la déduction forfaitaire de 10 % applicable sur vos salaires est aussi relevé de 0,9 %. Par contre, si vous optez pour la déduction de vos frais professionnels réels, sachez que le barème kilométrique utilisable pour calculer vos frais de déplacement en véhicule n’a pas encore été revalorisé. Il avait déjà été gelé en 2025 et en 2024. A suivre.
Pour aller plus loin :
6. La CSG augmente de 1,4 point
Le taux de la CSG (contribution sociale généralisée) prélevée sur les revenus du capital à compter du 1er janvier 2026 passe de 9,2 % à 10,6 %, et le taux global des prélèvements sociaux (CRDS et prélèvement de solidarité inclus) de 17,2 % à 18,6 %. Cette hausse va impacter doublement les épargnants cette année car elle va s’appliquer sur les gains générés par leurs placements financiers en 2026, mais aussi sur leurs plus-values mobilières encaissées en 2025. Seuls les produits des contrats d'assurance vie et des bons ou contrats de capitalisation, les gains de l'épargne logement (CEL et PEL) exonérés d'impôt et les produits, rentes et primes issus des plans d'épargne populaires (PEP) échappent à la hausse et resteront soumis à 9,2 % de CSG (et 17,2 % de prélèvements sociaux). La réforme va aussi vous impacter si vous êtes loueur en meublé non professionnel ou rentier car elle va s’appliquer sur vos loyers ou votre rente encaissés en 2025. En revanche, si vous percevez des revenus fonciers (locations non meublée) ou si vous vendez un bien immobilier en plus-value, vous n’êtes pas concerné, vous restez soumis à la CSG de 9,2 %.
Pour aller plus loin :
ZOOM SUR... Contribution différentielle sur les hauts revenus et taxe sur les holdings sont au menu des ménages fortunés en 2026. Les contribuables qui déclarent plus de 250 000 € de revenus (le double pour les couples) et qui payent moins de 20 % d’impôts par an vont à nouveau être soumis à une contribution différentielle sur les hauts revenus en 2026. Cet impôt créé en 2025 est reconduit, et il perdurera tant que notre déficit public ne sera pas ramené sous les 3 % de PIB (autant dire longtemps !). Ceux qui hébergent leurs actifs privés dans une holding patrimoniale devront par ailleurs s’acquitter de la nouvelle taxe de 20 % instaurée par la loi de finances. Petite consolation, l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) n’est pas alourdi en 2026, le souhait de certains parlementaires de l’étendre aux actifs mobiliers et de majorer ses taux d’imposition n’a pas été entendu par le Gouvernement.